Parasitoses en élevage félin

 

Résumé des principaux parasites digestifs rencontrés en élevage félin
 
Les parasites du tube digestif sont à l’origine d’un cortège de troubles digestifs et d’atteinte parfois grave de l’état général, il est important de les connaître.
 
I) Les infections par les protozoaires
 
- Les giardias
 
Ce sont des protozoaires (parasites unicellulaires) flagellés, microscopiques, présents sur la muqueuse de l’intestin grêle du chat.
Les kystes de Giardia représentent la forme infectieuse ; ils sont présents dans l’environnement (eau, aliment) et sont éliminés dans les selles ; ils sont très résistants dans le milieu extérieur.
Les signes cliniques sont des diarrhées, légères ou sévères, accompagnées parfois d’un amaigrissement. Les jeunes chats sont sensibles à la déshydratation s’ils sont sévèrement infectés.
Cependant la plupart des chats ne présentent pas de symptômes particuliers même s’ils sont excréteurs de kystes.
Le diagnostic se fait par coproscopie.
Il existe plusieurs molécules actives contre le Giardia, certaines à ne pas utiliser sur des chattes gestantes.
Evidemment le contrôle de l’environnement par le nettoyage et la désinfection limite la charge en kystes infectants.
 
 
- Les coccidies
 
Chez le chat, la coccidiose la plus fréquente est provoquée par Isospora felis et Isospora rivolta.
Le chat s’infecte par les œufs (oocystes) à partir de ses proies ou bien de l’environnement (le sol) et il rejette des œufs dans ses selles après maturation du parasite dans l’intestin. Ces oocystes doivent subir une sporulation dans un milieu chaud et humide pendant quelques jours ce qui leur permet de résister plus d’un an dans le milieu extérieur. L’été est donc la saison propice d’apparition de la maladie.
Il n’y a pas de signes cliniques chez des chats adultes en bonne santé et la guérison intervient spontanément mais ils sont donc des excréteurs chroniques.
Chez le chaton, la maladie peut occasionner de sévères diarrhées, parfois avec du sang, accompagnée de déshydratation et d’une perte de poids.
Le diagnostic repose sur l’identification des œufs dans les selles.
Là aussi il existe plusieurs molécules efficaces contre le parasite, votre vétérinaire étant indispensable en cas de traitement.
Les œufs nécessitant un maturation de quelques jours, un changement des litières de façon journalière permet de lutter efficacement contre la transmission de la maladie.
Les désinfectants sont pratiquement inopérants à l’exception de la vapeur d’eau et l’ammoniac à 10%.
 
 
-          La trichomonose (cf article détaillé dans la rubrique "Divers")
 
 
 
II) Les infections par les helminthes
 
 
- Les ascarides (vers ronds ou nématodes) sont les parasites intestinaux les plus fréquents chez le chat. Il se localisent dans l’intestin grêle où ils forment des pelotes à l’origine d’irritation et d’obstruction.
Les œufs d’ascaris (Toxocara cati) sont émis dans les selles des chats infectés, puis il faut une maturation de 15 à 21 jours dans le milieu extérieur pour qu’ils deviennent contaminants. A partir de ce stade , les œufs sont résistants plusieurs années.
Lorsque les œufs sont ingérés, ils libèrent des larves qui suivent un trajet complexe dans l’organisme puis donnent des adultes dans le tube digestif où ils se reproduisent, ce qui entraine l’émission d’œufs dans les selles.
Lors de ce trajet complexe, les larves peuvent s’enkyster dans les muscles et les organes et y survivre 2 à 3 ans. Chez les femelles gestantes, les fluctuations hormonales « réveillent » ces larves qui reprennent à nouveau leur migration dans le tube digestif et dans la mamelle ce qui a pour conséquence la contamination des chatons.
Les chats adultes montrent peu de signes cliniques, les chatons eux peuvent avoir des diarrhées, des vomissements, un abdomen gonflé et un retard de croissance dû au fait que le parasite détourne le calcium, le phosphore, les vitamines, les oligo éléments et le glucose à son profit.
Des ascaricides et ascarifuges sont utilisés en traitement contre les adultes et les larves en migration mais aucun n’est actif contre les larves enkystées.
Le nettoyage régulier du bac à litière aide à lutter contre la transmission en sachant que le parasite résiste à beaucoup de désinfectants mais pas à la chaleur.
Enfin , ce parasite est responsable d’une zoonose, la toxocarose chez l’homme.
 
- D’autres vers rond peuvent se rencontrer chez le chat ce sont les ankylostomes. Leur cycle ressemble beaucoup à celui des ascaris : de la même façon le chat les contracte par ingestion d’oeufs larvés, de la même façon ils passent dans le lait maternel et contaminent les chatons. Mais en plus il existe pour eux un second mode de contamination car ils peuvent traverser la peau et surtout ce sont des vers plus pathogène que les ascaris car ils se nourrissent du sang de leur hôte ce qui peut s’accompagner de diarrhées hémorragiques et générer une anémie.
 
- Les Ténias (vers plats ou cestodes) sont aussi des parasites de l’intestin grêle ; ils peuvent atteindre 60 cm de long.
Le plus courant chez le chat est Dipylidium caninum, mais des infections avec d’autres cestodes se rencontrent également.
Le cycle des ténias nécessite un hôte intermédiaire (au contraire des ascarides), ce qui signifie qu’en l’absence de cet hôte, il ne peut y avoir de contamination donc de transmission d’un chat à l’autre.
Les chats infectés excrètent des segments dans les selles, contenant les œufs. Dans le cas du Dipylidium, ces œufs sont ingérés par les larves de puces, puis deviennent des larves dans les puces adultes.
C’est au cours de sa toilette que le chat ingère ces puces puis les larves deviennent des ténias adultes en 3 semaines.
D’autres ténias ont pour hôte intermédiaire un rongeur, comme une souris que le chat ingère après l’avoir capturée.
La plupart des chats ne présente pas de symptômes sauf en cas d’infestation forte pendant laquelle on peut observer une carence alimentaire, des périodes de diarrhées et de constipation et un prurit anal.
Le Praziquantel est très efficace contre les ténias mais la lutte doit impérativement s’accompagner d’un traitement antipuces car elles servent de réservoir pour une réinfestation au Dypilidium qui est le ténias le plus fréquent.
 
Stéphane Gouilliard
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